Archive | février 2016

Y-A T’IL UNE VIE QUE L’ON NE VOIT PAS SOUS NOS PIEDS ?

VincentL’agriculture est en mouvement perpétuel. On a bien pensé pendant plus de 50 ans que les engrais et pesticides seraient un miracle durable. Alors ces 20 dernières années, on a cultivé avec plus de matières organiques, surtout en bio (compost, fumier, engrais organiques) que l’on a enfoui par un travail du sol plus ou moins profond : on a ainsi cherché à nourrir la plante directement en lui fournissant de l’azote (ou ces fameux nitrates « lessivables »). Au final c’est bien ce qu’on cherche à faire. Mais depuis moins de 10 ans, une poignée de paysans abordent une autre façon de faire de l’agriculture. « Encore une autre ! » vous me direz. Oui, mais celle-là est dite « agriculture de conservation des sols ». Expérimentée en système céréalier, en élevage, mais aussi depuis peu en maraîchage, elle repose sur 5 grands principes :

1) Une couverture du sol permanente, quelle soit vivante et composée de la culture principale (choux, par ex.) accompagnée si possible d’une culture associée (trèfle) qui vont profiter au maximum de l’énergie solaire pour faire de la matière, ou bien composée d’un mulch (paille, foin, BRF) qui va protéger les micro-organismes de l’excès de chaleur ou des intempéries qui dégradent la structure du sol.

2) Un travail du sol réduit au strict minimum : les organismes du sol (bactéries, champignons, vers de terre) construisent un vrai lieu de vie dans les premiers centimètres de terre. Un vrai HLM que l’on bouleverse dès que l’on travaille le sol. Et plus on travaille le sol, plus on l’oxygène et plus les bactéries s’activent et minéralisent l’azote. Un peu, c’est nécessaire pour les plantes ; trop, ça se lessive et rejoint nos rivières et nappes. En même temps, on dégrade l’humus et le stock de carbone. Moins de travail du sol c’est aussi : moins d’usure du matériel, moins de fuel, moins de lumière pour les graines d’herbes annuelles…

3) La diversité des productions : cette diversité de cultures ou ces mélanges d’engrais verts permettent de limiter les agents pathogènes du sol et apportent en parallèle une diversité biologique nécessaire à l’équilibre des milieux.

4) Intégrer des légumineuses dans les rotations : ces plantes comme le trèfle, la luzerne, les haricots, les pois, etc. captent l’azote de l’air par l’intermédiaire de certaines bactéries du sol. Quand la plante meurt, elle apporte au sol du carbone et de l’azote, qui servira à la vie du sol et par conséquent aux cultures suivantes. Cela favorise l’indépendance au compost et aux engrais organiques du commerce.

5) Produire de la biomasse : en plus des légumineuses, des cultures à forte biomasse (racines, tiges, feuilles) laissées en surface peuvent nourrir en carbone les micro-organismes du sol, qui libèreront de l’azote pour les plantes. Le paillage en surface a l’avantage de favoriser la construction de l’humus : une colle organique pour fixer les éléments nutritionnels du sol (minéraux…). Ce carbone séquestré pour longtemps diminue la proportion de carbone de l’air : un phénomène à ne pas négliger pour la réduction de l’effet de serre. Les racines ont aussi pour effet de décompacter le sol et de nourrir les bactéries par ce qu’on appelle les exsudats racinaires : une sorte de Coca Cola pour bactéries !

obs_sol L’application au maraîchage sous couvert vivant est encore très récent (3-4 ans), mais les premiers résultats sont encourageants et promettent de nouveaux défis techniques pour l’avenir. Néanmoins, il faut réadapter les outils, les itinéraires culturaux pour gérer les problèmes de limaces, de sol plus froid, d’enherbement, etc.

Il faut donc relancer toute la vie dans le sol en le nourrissant et en gardant l’habitat intact, pour chercher à développer l’auto-fertilité des sols et ainsi trouver un équilibre sol /plante/homme. Il faut que tout le monde y trouve son compte : la santé en bénéfice.

Une marche pour l’aggradation* des sols est en route, non seulement en France, mais dans tous les coins de la planète. Tout le monde y va de ses expériences. A nous d’en parler autour de nous et à chacun de faire ses expériences même en jardinage, et de les partager pour faire des grands pas en avant. La première difficulté, c’est de se remettre en question : c’est dans la tête. Le reste suivra.

Vincent, pour le GAEC Terre de Goganes

* : contraire de dégradation

 

Des projets au poulailler, pour un meilleur confort des poules et de la patronne

Ça fait bien longtemps que je n’ai pas rédigé de petit article, la routine…On est dans nos habitudes, ça roule et on oublie qu’il y a de nouveaux amapiens et que les anciens ont aussi besoin d’avoir une piqûre de rappel.

Je suis tellement dans les habitudes, que je n’ai pas augmenté le prix des œufs depuis au moins 4 ou 5 ans. Au vu de mes résultats financiers, pour la saison prochaine, la douzaine passera à 3,70 € ce qui me fera une augmentation de chiffre d’affaires de 1200 €.

Le temps passe, on a fêté l’an dernier les 10 ans de la première AMAP du département, et moi, je suis sur ma 9e saison de production amapienne. J’avais démarré en septembre 2007 avec 200 poules pondeuses, 5 AMAP, un poulailler auto-construit en matériaux de récupération avec mon compagnon qui n’est pas paysan, des amapiens et des amis qui étaient venus nous aider à installer les clôtures du parcours extérieur.

Intérieur du poulailler

Intérieur du poulailler

Après plein d’aventures et de surprises, je suis callée maintenant avec 350 poules, élevées par Alain Chazerault éleveur de volailles en AMAP, une alimentation achetée pour 30% chez Michel Socheleau, lui aussi producteur de lapins et d’huiles en AMAP. Je travaille avec 8 AMAP sur un rythme de quinzaines.

Les poules gambadent sous les arbres sur une surface 4 fois plus grande que celle imposée par le cahier des charges bio. Mais elles grattent tellement le sol que l’herbe a du mal à repousser après leur passage.

Dans la suite de la collaboration avec les producteurs amapiens, le GAEC maraîcher Terre de Goganes récupère chaque année 5 à 8 m3 de mon fumier bio.

Chaque année, avant le 14 juillet, je sacrifie mes poules qui se retrouveront sur vos tables par la suite (abattoir des Deux Sèvres). Puis vient le temps du nettoyage, fumier enlevé à la fourche et à la brouette (litière accumulée de paille et crottes de septembre à juillet, soit 30 cm minimum de fumier bien tassé sur 70m2), puis nettoyage au karcher, désinfection et dératisation.

Côté pondoirs et abreuvoirs

Côté pondoirs et abreuvoirs

Gros boulot de juillet avant les vacances ! Je me suis fait aider cette année pour le fumier, des salariés de l’association initiative emploi de Vihiers.

Avec les années qui passent, mon poulailler auto-construit vieillit et le travail, l’hiver, avec la pluie et le vent, devient de plus en plus difficile et désagréable. Si je veux encore travailler quelques années dans de bonnes conditions, je me pose des questions sur un éventuel investissement dans un nouveau poulailler. Notamment vider le fumier avec un tracteur et non plus à la main.

J’ai trouvé des grands arceaux de tunnel d’occasion : 700€, bâche neuve : 1800€, je ne sais pas encore si je fais une plate forme en béton vu le prix; 6000€ ; peut être juste un terrassement 2000€. Il y a aussi la possibilité d’acheter un hangar d’occasion, et là je n’ai pas encore fais de recherche. Donc, mon projet n’est pas très avancé, reste ensuite les questions de financement. Je pense au financement amapien comme on en a déjà fait dans différentes AMAP, comme les serres du GAEC Terre de Goganes (solanum tuberrosum), la baratte du GAEC des Trois Poiriers, le labo (plumes) et plus tard les poussinières  (sot l’y laisse) de Alain, après l’incendie de ses bâtiments. En sachant que j’ai cette année 252 contrats sur mes 8 AMAP, je sais que tous ces contacts peuvent être utiles si je mettais en place un financement. Je cherche d’ailleurs des bonnes volontés pour m’aider à y réfléchir.

Donc prenez contact avec moi pour une tempête de cerveaux ; catherine.louapre@gmail.com ; cela m’aidera à avancer.

Devant, 2 petits tunnels mal en point

Devant, 2 petits tunnels mal en point

Arrière du poulailler : remarquez les différentes hauteurs de toit en taule, au fond

Arrière du poulailler : remarquez les différentes hauteurs de toit en taule, au fond

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