Archive | février 2017

INFOS sur la grippe aviaire vue par votre paysan volailler préféré

canard_enrhuméVous suivez sans doute les actualités mais d’une oreille distraite puisque cela se passe dans le lointain sud-ouest. Des millions de canards abattus malades ou sains pour éradiquer le virus dans l’œuf mais sans succès, les foyers explosent, se multiplient. Les passereaux qui se promènent depuis des millénaires n’y sont pour rien, c’est l’activité humaine autour de l’élevage INDUSTRIEL qui est en cause.

Tout d’abord parlons technique par des rappels de cours de sciences et vie de la terre, si cela remonte trop loin il est permis d’interpeller ses enfants ou petits-enfants. Le virus de la grippe aviaire est comme tous les virus une branche d’ADN, il s’installe dans les cellules animales (contamination et contagion entre animaux) puis se fait dupliquer par l’ADN de l’animal parasité.

L’animal trop infecté meurt rapidement par le dégagement des toxines du virus dans son sang.

Le choix actuel, comme beaucoup d’autres cas de prophylaxie sanitaire, est de supprimer et l’animal malade et ses virus mais aussi les animaux proches susceptibles de devenir porteurs.

Pourquoi ce nouveau virus H5N8 est -il apparu et est-il si virulent sur l’espèce canard mulard (celui utilisé pour le foie gras). En fait ce virus s’est modifié au fil des années, s’est adapté et a trouvé en cet espèce un hôte de choix. Figurez-vous que tous les canards mulards du Sud-Ouest sont de la même famille, tous père ou fils, oncle ou cousin. Avec le même patrimoine génétique. Pourquoi ? parce que produit industriellement par seulement quelques couvoirs travaillant sur les mêmes souches. Restructuration oblige !!! Le virus se régale en ne rencontrant pratiquement que des canards homozygotes (les puristes diront que ce n’est pas le terme exact mais l’idée est là).

On pourrait vacciner mais alors on perd la possibilité d’exporter car il n’est pas possible de savoir si un canard contenant des anticorps du virus l’est parce qu’il est vacciné ou parce qu’il a été confronté au vrai virus donc on préfère éradiquer par l’abattage de masse. Mais qui exporte ? l’Agro-industrie

La concentration est mise en cause. En effet je me rappelle que l’an dernier sur la commune du premier cas, on y dénombrait plusieurs centaines de milliers de canards pour cette petite commune de 500 habitants. Comment voulez-vous qu’un problème sanitaire n’explose pas ?

Le système d’exploitation agro-industrielle est aussi mis en cause. La sectorisation des taches, chère à l’industrie, est montrée du doigt : une ferme fait les canards prêts à gaver (12 semaines d’élevage et souvent plusieurs lots qui se chevauchent), ceux-ci sont livrés aux fermes gaveuses (15j en multiples lots et très intensif), Puis ces canards gavés partent aux abattoirs. Et tout ceci nécessite un flux incessant de camions transporteurs d’aliments, de canetons puis des canards vivants, des salariés, du matériel en commun…disséminant le virus au 4 coins de la région. Insoluble si cela reste en l’état. Le ministre de l’agriculture commence à dire qu’il faut revoir ce système. Mais bon dans quelques mois les grandes vacances pour lui.

Dans le système AMAP tel que je le pratique (principes de l’agriculture durable), nous sommes dans le vrai. En étant en autarcie du poussin à l’abattage sur la ferme, et nourriture produite sur la ferme, les risques sont minimisés car les flux qui permettraient au virus d’entrer sont inexistants.  Et puis pas d’export pour moi …pour l’instant !!! Par contre, j’ai été obligé de garder confinées les volailles à l’intérieur des bâtiments, suite au décret français (obligatoire même pour les basse-cours privées). Ceci n’enlève pas l’homologation bio.

A bientôt. Aux prochaines livraisons de VOS volailles. A consommer sans modération.

Alain Chazerault

 

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